Changement de société

Mettre en œuvre correctement un changement d'associé au sein de la Sàrl

Déroulement, contrat de cession, approbation et registre du commerce expliqués simplement.

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Un changement d'associé au sein de la Sàrl ressemble à première vue à une simple vente de parts sociales. En pratique, il s'agit pourtant de bien plus qu'une simple poignée de main entre le vendeur et l'acheteur. Quiconque souhaite transférer des parts sociales d'une Sàrl doit respecter les prescriptions de forme, vérifier les statuts, clarifier l'approbation de l'assemblée des associés, mettre à jour le livre des parts sociales et inscrire la modification au registre du commerce. Particulièrement pour les petites Sàrl, le changement d'associé est souvent un moment important. Une fondatrice se retire. Un coassocié reprend des parts sociales supplémentaires. Une successeure entre au capital. Ou un investisseur fait son arrivée. Cet article t'explique comment se déroule généralement un changement d'associé au sein d'une Sàrl en Suisse, quels contrats sont nécessaires et quel est le rôle du registre du commerce.

Que signifie un changement d'associé au sein d'une Sàrl ?

Un changement d'associé au sein d'une Sàrl signifie que des parts sociales sont transférées d'un associé actuel à une autre personne. Cette dernière devient ainsi associée de la Sàrl.

Dans une Sàrl, la société elle-même et sa raison sociale sont importantes, mais les personnes qui la composent le sont tout autant. Le droit de la Sàrl est plus axé sur la personne que le droit des sociétés anonymes. C'est pourquoi une part sociale ne peut pas être cédée aussi simplement qu'un objet ordinaire. La loi exige la forme écrite pour la cession de parts sociales (art. 785, al. 1, CO). De plus, la cession requiert en principe l'approbation de l'assemblée des associés (art. 786, al. 1, CO).

Un changement d'associé peut avoir plusieurs origines. Il s'agit souvent de la vente de parts sociales, d'une restructuration interne, d'un départ, d'une succession ou de l'arrivée d'une nouvelle personne. Sur le plan juridique, la question de base reste toutefois généralement la même : qui transfère quelles parts sociales à qui, à quelles conditions et avec quelle probation relevant du droit des sociétés ?

Comment se déroule un changement d'associé au sein d'une Sàrl ?

Le changement d'associé se déroule typiquement en quatre étapes. Tout d'abord, les statuts et les éventuels conventions d'associés sont examinés. Ensuite, le vendeur et l'acheteur concluent un contrat de cession écrit. L'assemblée des associés donne ensuite son approbation, à moins que les statuts ne dispensent de cette condition. Enfin, la Sàrl met à jour le registre des parts sociales et déclare le changement au registre du commerce.

La première étape cruciale est l'examen des statuts. Les statuts peuvent déroger au modèle légal de base. Ils peuvent par exemple accorder une dispense de l'approbation de l'assemblée des associés, définir des motifs de refus, prévoir une offre de reprise à la valeur réelle ou même exclure la cession (art. 786, al. 2, CO). C'est pourquoi personne ne devrait préparer un changement d'associé sans avoir lu attentivement les statuts.

Vient ensuite le contrat de cession. C'est le document central pour le transfert. La cession de parts sociales et l'obligation même de céder doivent être faites par écrit (art. 785, al. 1, CO). Le contrat doit notamment mentionner les parties, la Sàrl, le nombre et la valeur nominale des parts sociales transférées, ainsi qu'une déclaration de transfert claire.

Si les statuts prévoient des droits ou des obligations particuliers, le contrat de cession doit contenir les mêmes mentions que lors de la souscription des parts sociales, à moins que l'acquéreur ne soit déjà associé (art. 785, al. 2, CO). Ces mentions peuvent concerner des obligations de verser des versements supplémentaires, des obligations de fournir des prestations accessoires, des clauses de non-concurrence, des droits de préemption ou des droits d'achat. En pratique, ce point est particulièrement sujet aux erreurs, car les parties se concentrent sur le prix et l'exécution en oubliant les mentions statutaires.

Si les statuts n'excluent pas l'approbation, c'est l'assemblée des associés qui statue. L'approbation n'est pas une simple formalité. Lorsqu'elle est requise, la cession ne devient juridiquement valable qu'une fois cette approbation obtenue (art. 787, al. 1, CO). Le Tribunal fédéral l'a clairement confirmé, précisant par la même occasion que l'inscription au registre du commerce revêt un caractère purement déclaratif (ATF 140 III 418 consid. 6.2.2).

Faut-il un contrat pour la cession de parts sociales ?

Oui. Un changement d'associé au sein d'un Sàrl requiert en principe un contrat de cession écrit. Sans cession écrite, le transfert des parts sociales n'est pas valablement mis en œuvre.

Le contrat ne doit pas simplement stipuler que des parts sociales sont « vendues ». Une déclaration de cession ou de transfert claire est essentielle. Le document doit prouver que les parts sociales passent effectivement de l'associé actuel au nouvel associé. La simple intention de les transférer ultérieurement ne suffit pas pour l'exécution.

En pratique, on distingue souvent deux niveaux. D'une part, il y a l'acte générateur d'obligation, c'est-à-dire par exemple le contrat de vente avec le prix d'achat, les modalités de paiement, les garanties et autres règles économiques. D'autre part, il y a l'acte de disposition, c'est-à-dire la cession effective des parts sociales. Selon la loi, les deux nécessitent la forme écrite (art. 785, al. 1, CO). Pour le registre du commerce, c'est toutefois régulièrement la cession en la forme prescrite qui s'avère déterminante en guise de justificatif (art. 82, al. 2, let. a, ORC).

Cela présente un avantage pratique. Des informations confidentielles telles que le prix d'achat, les délais de paiement, les clauses de earn-out, les sûretés ou les garanties peuvent être réglées dans un contrat de vente distinct. Il n'est pas obligatoire de révéler chaque détail économique au registre du commerce, à condition que les pièces justificatives produites apportent une preuve suffisante du transfert de propriété.

Selon la loi en vigueur, un acte authentique n'est pas généralement requis pour la cession. Néanmoins, il peut être nécessaire au cas par cas si les statuts l'exigent. Les statuts plus anciens contiennent encore souvent de telles clauses. C'est également pour cette raison que l'examen des statuts avant l'exécution est capital.

Quand l'approbation de l'assemblée des associés est-elle requise ?

L'approbation de l'assemblée des associés est la règle légale générale. La cession de parts sociales requiert l'approbation de l'assemblée des associés, et celle-ci peut refuser son approbation sans indication de motifs (art. 786, al. 1, CO).

Les statuts peuvent toutefois modifier cette règle. Ils peuvent dispenser de l'approbation, limiter les motifs de refus, prévoir une reprise à la valeur réelle, exclure la cession ou contenir des règles pour les cas assortis d'obligations de verser des versements supplémentaires ou de fournir des prestations accessoires (art. 786, al. 2, CO).

Lorsqu'une approbation est requise, elle est essentielle à l'efficacité du transfert. La cession ne devient alors juridiquement valable qu'une fois l'approbation accordée (art. 787, al. 1, CO). Si la demande d'approbation n'est pas rejetée dans les six mois suivant sa réception, l'approbation est réputée accordée (art. 787, al. 2, CO). Cela empêche une Sàrl de bloquer indéfiniment un changement d'associé sans prendre de décision formelle.

Sauf disposition contraire des statuts, la décision d'approbation requiert une majorité qualifiée. L'approbation de la cession est considérée comme une décision importante et requiert au moins les deux tiers des voix représentées ainsi que la majorité absolue du capital-social total pour lequel un droit de vote peut être exercé (art. 808b, al. 1, ch. 4, CO).

Quel est le rôle du registre du commerce ?

Le registre du commerce rend le changement d'associé visible auprès des tiers. Les associés doivent être inscrits au registre du commerce avec le nombre et la valeur nominale de leurs parts sociales (art. 791 CO). La Sàrl doit déclarer au registre du commerce chaque transfert de parts sociales en vue de son inscription, que le transfert résulte d'un contrat, d'une succession, du droit matrimonial, d'une exécution forcée ou de tout autre motif juridique (art. 82, al. 1, ORC).

Pour l'inscription, le registre du commerce exige notamment une pièce justificative prouvant que la part sociale a été transférée au nouvel associé. À moins que les statuts ne dispensent de l'approbation de l'assemblée des associés, un justificatif de cette approbation est également nécessaire (art. 82, al. 2, ORC).

Il est essentiel de fournir une preuve ininterrompue. L'acquéreur ne peut être inscrit que s'il est prouvé de manière ininterrompue que la part sociale est passée de l'associé inscrit à la nouvelle personne (art. 82, al. 3, ORC). Le registre du commerce ne vérifie donc pas simplement si un formulaire est rempli, il exige des justificatifs clairs concernant la chaîne de transfert.

Néanmoins, l'inscription au registre du commerce n'est pas le moment où le changement d'associé prend matériellement effet. Pour les cessions soumises à approbation, l'accord de l'assemblée des associés est constitutif. L'inscription au registre du commerce est, quant à elle, déclarative (ATF 140 III 418 consid. 6.2.2). Autrement dit : l'approbation rend le changement juridiquement effectif, tandis que l'inscription au registre du commerce le rend public.

Que faut-il régler à l'interne après le changement d'associé ?

Après le changement d'associé, la Sàrl doit actualiser son registre des parts sociales. La société tient un registre des parts sociales et doit le conserver de manière à ce qu'il soit possible d'y accéder en Suisse en tout temps (art. 790, al. 1, CO).

Le registre des parts sociales doit mentionner le nom et l'adresse des associés. Doivent également être inscrits le nombre, la valeur nominale et les éventuelles catégories de parts sociales de chaque associé, ainsi que les usufruitiers et les créanciers gagistes (art. 790, al. 2, CO). Les pièces justificatives à la base d'une inscription doivent être conservées pendant dix ans après la radiation de la personne inscrite (art. 790, al. 5, CO).

Le registre des parts sociales est donc le registre interne de la Sàrl. Il est distinct du registre du commerce. Le registre du commerce est public et sert à la publicité des faits. Le registre des parts sociales est interne à la société et indique qui détient quelles parts sociales. Les associés disposent d'un droit de consultation de ce registre (art. 790, al. 4, CO).

De plus, il convient de vérifier si une annonce de l'ayant droit économique est nécessaire. Quiconque acquiert seul ou d'entente avec des tiers des parts sociales et atteint ou dépasse ainsi le seuil de 25 % du capital-social ou des droits de vote doit, dans un délai d'un mois, annoncer à la société le nom de l'ayant droit économique (art. 790a, al. 1, CO). Cela est particulièrement pertinent lorsqu'un nouvel investisseur ou une société holding fait son entrée.

Quelles sont les erreurs les plus courantes lors d'un changement d'associé ?

Une erreur fréquente consiste à examiner les statuts trop tard. Si l'on s'aperçoit seulement après la signature qu'un acte officiel, une exigence d'approbation, un droit de préemption ou une interdiction de cession s'applique, on s'expose à des retards ou à l'inefficacité de l'exécution.

Une deuxième erreur réside dans des contrats imprécis. Le contrat de cession doit clairement identifier les parties, la Sàrl, les parts sociales transférées et contenir une déclaration de transfert nette. Des termes comme « vendu » peuvent avoir un sens économique, mais ne suffisent pas toujours en tant que déclaration de cession claire pour l'exécution.

Une troisième erreur est l'absence ou la non-conformité de l'approbation. Lorsque l'approbation est requise, elle doit être décidée et documentée de manière correcte. Sans une approbation valable, la cession ne produit pas d'effets juridiques (art. 787, al. 1, CO).

Une quatrième erreur concerne le registre du commerce. Le registre du commerce exige les justificatifs nécessaires et une chaîne de transfert ininterrompue (art. 82, al. 3, ORC). Si des documents manquent, si les noms ne correspondent pas ou si le pouvoir de signature n'est pas clair, la déclaration d'inscription peut être rejetée.

Si vous avez besoin d'aide concernant la création ou des modifications de droit des sociétés, Jurata se tient à votre entière disposition, par exemple pour des modifications au registre du commerce.

Conclusion

Un changement d'associé au sein d'une Sàrl est tout à fait réalisable sur le plan juridique, mais doit être préparé avec soin. Les éléments clés sont les statuts, un contrat de cession écrit, l'éventuelle approbation requise de l'assemblée des associés, la mise à jour du registre des parts sociales et la déclaration au registre du commerce.

La distinction essentielle est la suivante : lorsque l’approbation de l'assemblée des associés est requise, c'est elle qui valide juridiquement la cession. En revanche, l'inscription au registre du commerce est principalement importante à des fins de publicité. En respectant cet ordre et en préparant soigneusement les justificatifs, on s'évite des demandes de précision inutiles, des retards et des incertitudes juridiques.

Foire aux questions sur le changement d'associé au sein d'une Sàrl

Le changement d'associé au sein d'une Sàrl doit-il toujours être inscrit au registre du commerce ?

Oui. La Sàrl doit déclarer chaque transfert de parts sociales en vue de son inscription au registre du commerce (art. 82, al. 1, ORC). Cela s'applique que le transfert s'effectue par contrat ou de par la loi.

Un contrat de vente suffit-il pour le transfert de parts sociales ?

Un contrat de vente seul ne suffit pas toujours. Le transfert requiert une cession écrite des parts sociales (art. 785, al. 1, CO). En pratique, le contrat de vente et la cession peuvent être combinés dans un seul document ou être réglés séparément.

L'assemblée des associés peut-elle refuser le changement d'associé ?

Oui. Selon le modèle légal de base, l'assemblée des associés peut refuser son approbation à la cession sans avoir à indiquer de motifs (art. 786, al. 1, CO). Les statuts peuvent toutefois modifier cette règle.

À quel moment le nouvel associé devient-il réellement associé ?

Lorsque l'approbation est requise, la cession ne devient juridiquement efficace qu'une fois cette approbation obtenue (art. 787, al. 1, CO). L'inscription au registre du commerce est importante, mais d'après la jurisprudence, elle n'a en principe qu'un effet déclaratif (ATF 140 III 418 consid. 6.2.2).

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