Que signifie radier une entreprise du registre du commerce ?
Radier une entreprise du registre du commerce signifie que l'entité juridique inscrite est retirée du registre du commerce. Dans le cas d'une entreprise individuelle, il s'agit généralement de la cessation formelle de l'activité commerciale. Pour une SA ou une Sàrl, la radiation est en revanche la dernière étape après la dissolution et la liquidation.
Il est important de distinguer la dissolution, la liquidation et la radiation. La dissolution ne met pas automatiquement fin de manière complète à l'activité commerciale passée, mais engage généralement la phase de liquidation pour les personnes morales. Durant cette phase, les affaires courantes sont terminées, les actifs sont réalisés, les dettes sont payées et les excédents éventuels sont répartis. Ce n'est qu'après cela que la radiation peut être requise auprès du registre du commerce.
Pour une société anonyme, il est expressément prévu qu'après la clôture de la liquidation, la radiation de la société soit requise par les liquidateurs auprès de l'office du registre du commerce (art. 746 CO). Pour la Sàrl, les effets de la dissolution prévus par le droit des actions s'appliquent par analogie (art. 821a al. 1 CO). La dissolution d'une Sàrl doit en outre être inscrite au registre du commerce (art. 821a al. 2 CO).
Quand une entreprise individuelle peut-elle être radiée ?
Une entreprise individuelle peut être radiée du registre du commerce lorsque le titulaire abandonne l'activité commerciale ou transfère l'entreprise à une autre personne ou entité juridique. Dans ce cas, la radiation doit être requise (art. 39 al. 1 ORC).
Si le titulaire décède, un héritier doit requérir l'inscription de la radiation (art. 39 al. 2 ORC). Le motif de la radiation est inscrit au registre du commerce en même temps que la radiation elle-même (art. 39 al. 3 ORC).
En pratique, cela signifie que quiconque souhaite faire radier une entreprise individuelle du registre du commerce n'a généralement pas besoin d'une procédure de liquidation comme pour une SA ou une Sàrl. L'important est qu'il existe un motif de radiation admissible et que la réquisition soit correctement déposée auprès de l'office du registre du commerce cantonal compétent.
En revanche, si l'activité commerciale est poursuivie et que les conditions d'inscription restent remplies, le nouveau titulaire doit requérir à nouveau l'inscription de l'entreprise. L'entreprise reçoit alors un nouveau numéro d'identification des entreprises (art. 39 al. 4 ORC).
Comment se déroule la radiation d'une SA ou d'une Sàrl ?
Pour une SA ou une Sàrl, une simple réquisition de radiation ne suffit pas. Quiconque souhaite faire radier une telle société du registre du commerce doit d'abord dissoudre la société puis la liquider.
Dans le cas de la SA, la société peut être dissoute, entre autres, par décision de l'assemblée générale. Cette décision doit faire l'objet d'un acte authentique (art. 736 al. 1 ch. 2 CO). Pour la Sàrl, l'assemblée des associés décide la dissolution, cette décision devant également faire l'objet d'un acte authentique (art. 821 al. 1 ch. 2 CO, art. 821 al. 2 CO).
Après la dissolution, la société n'est pas immédiatement radiée. Elle entre plutôt en liquidation. Pour la SA, la dissolution doit être requise pour inscription au registre du commerce (art. 63 al. 1 ORC). La réquisition doit notamment être accompagnée de l'acte authentique constatant la décision de dissolution et, le cas échéant, des indications relatives aux liquidateurs (art. 63 al. 2 ORC).
Sont notamment inscrits au registre du commerce le fait de la dissolution, la date de la décision, la raison de commerce avec l'adjonction « en liquidation » ou « en liq. » ainsi que les liquidateurs (art. 63 al. 3 ORC). Ces dispositions s'appliquent par analogie à la Sàrl (art. 83 ORC).
La radiation n'intervient que plus tard. Après la clôture de la liquidation, la radiation de la société doit être requise auprès de l'office du registre du commerce (art. 746 CO). Les liquidateurs sont compétents à cet effet, et non pas simplement n'importe quelle personne disposant jusqu'alors du pouvoir de signature.
Pourquoi l'appel aux créanciers est-il si important ?
L'appel aux créanciers protège ces derniers. Les liquidateurs doivent dresser un bilan lors de leur entrée en fonction (art. 742 al. 1 CO). Ensuite, les créanciers connus doivent être informés directement. Les créanciers inconnus ou dont le domicile est inconnu doivent être informés de la dissolution par publication publique dans la Feuille officielle suisse du commerce et dans la forme prévue par les statuts, et être sommés de produire leurs créances (art. 742 al. 2 CO).
Cette étape est cruciale pour la radiation au registre du commerce. Avec la réquisition de radiation, les liquidateurs doivent prouver que les appels aux créanciers ont été publiés dans la Feuille officielle suisse du commerce conformément à la loi (art. 65 al. 1 ORC).
En pratique, la radiation est souvent retardée si l'appel aux créanciers n'est pas effectué correctement ou à temps. Quiconque souhaite radier une entreprise du registre du commerce doit donc planifier cette étape à l'avance et la documenter proprement.
Quand le patrimoine peut-il être réparti ?
Le patrimoine d’une SA dissoute ne peut être réparti qu’après extinction des dettes. Sauf disposition contraire des statuts, la répartition se fait entre les actionnaires proportionnellement aux versements effectués et en tenant compte des privilèges attachés éventuellement à certaines catégories d'actions (art. 745 al. 1 CO).
En principe, la répartition ne peut s'effectuer qu’après l'expiration d’une année à compter du jour où l'appel aux créanciers a été publié (art. 745 al. 2 CO). Ce délai d’attente est souvent qualifié d’année de blocage. Il vise à empêcher que des actifs soient distribués aux associés ou aux actionnaires avant que les intérêts des créanciers ne soient suffisamment protégés.
Une répartition anticipée est possible, mais uniquement sous des conditions strictes. Elle peut avoir lieu dès l’expiration d'un délai de trois mois si un expert-réviseur agréé atteste que les dettes sont éteintes et que, selon les circonstances, aucun intérêt de tiers n'est menacé (art. 745 al. 3 CO). Ce délai abrégé n'est donc pas une simple formalité, mais requiert une attestation professionnelle.
Ces règles s'appliquent par analogie à la Sàrl, car les conséquences de la dissolution sont régies par les dispositions du droit des actions (art. 821a al. 1 CO).
Quel rôle jouent les autorités fiscales ?
La radiation d'une SA du registre du commerce ne peut être effectuée qu’après que les administrations fiscales fédérale et cantonale ont donné leur accord. Lorsque la radiation est requise, l’office du registre du commerce en informe ces autorités (art. 65 al. 2 ORC).
En pratique, cela signifie que même si la liquidation est terminée, que l’appel aux créanciers a été effectué et que la réquisition de radiation a été correctement déposée, la radiation effective peut encore prendre du temps. L’office du registre du commerce attend l’accord des autorités fiscales. Souvent, il convient au préalable de régler les déclarations d'impôt, le bilan de clôture de liquidation ou les créances fiscales en suspens.
Quiconque prévoit de radier une entreprise du registre du commerce ne doit donc pas seulement garder le registre du commerce à l’œil. La TVA, les impôts directs, la caisse de compensation AVS et d’autres annulations éventuelles doivent également être réglés à temps.
Qu'en est-il pour les sociétés en nom collectif et en commandite ?
Des règles propres s'appliquent aux sociétés en nom collectif et en commandite. Si une telle société est dissoute en vue de sa liquidation, les associés doivent requérir l’inscription de la dissolution au registre du commerce (art. 42 al. 1 ORC).
La dissolution, la raison de commerce avec l'adjonction « en liquidation » ou « en liq. » et les liquidateurs sont inscrits au registre du commerce (art. 42 al. 3 ORC). Après la clôture de la liquidation, les liquidateurs doivent requérir la radiation (art. 42 al. 4 ORC). Ici aussi, le motif de la radiation est inscrit au registre du commerce (art. 42 al. 5 ORC).
De plus, le code des obligations prévoit pour la société en nom collectif qu'après la clôture de la liquidation, les liquidateurs doivent requérir la radiation de la raison de commerce du registre du commerce (art. 589 CO).
Le registre du commerce peut-il radier une entreprise d'office ?
Oui. L'office du registre du commerce peut radier d'office une entité juridique si elle n'a plus d'activité commerciale ni d'actifs réalisables (art. 934 al. 1 CO).
Auparavant, l'office du registre du commerce doit sommer l'entité de faire part de son intérêt au maintien de l'inscription. Si cette sommation reste sans effet, les autres personnes concernées sont sommées, par publication dans la Feuille officielle suisse du commerce, de faire part d'un tel intérêt (art. 934 al. 2 CO). Si d'autres personnes concernées font valoir un intérêt, l'office du registre du commerce transmet l'affaire au tribunal pour décision (art. 934 al. 3 CO).
Cette radiation d'office n’est pas la même chose qu'une liquidation volontaire proprement planifiée. Il s'agit plutôt d’un mécanisme de secours pour des entités juridiques qui ne sont de fait plus actives et ne possèdent plus d’actifs réalisables.
Que se passe-t-il si un élément apparaît après la radiation ?
Une entité juridique radiée peut, sous certaines conditions, être réinscrite au registre du commerce. Quiconque rend un intérêt digne de protection vraisemblable peut demander au tribunal la réinscription (art. 935 al. 1 CO).
Un tel intérêt existe notamment lorsque, après la clôture de la liquidation, tous les actifs n'ont pas été réalisés ou répartis, lorsque l'entité juridique radiée est partie à une procédure judiciaire ou lorsque la réinscription est nécessaire pour la mise à jour d'un registre public (art. 935 al. 2 CO).
Cela démontre qu'une radiation doit être soigneusement préparée. Quiconque radie trop tôt ou néglige des points en suspens risque des démarches supplémentaires ultérieures.
Quels documents sont généralement requis ?
Les pièces justificatives requises varient selon la forme juridique. Pour une entreprise individuelle, une réquisition de radiation indiquant le motif de la radiation suffit généralement. Pour une SA ou une Sàrl, il en faut nettement plus.
En principe, pour une SA et une Sàrl, l'acte authentique de la décision de dissolution, les indications relatives aux liquidateurs, les preuves de l'acceptation de leur mandat, les signatures légalisées, la preuve de l'appel aux créanciers dans la Feuille officielle suisse du commerce et, plus tard, la réquisition de radiation sont requis. Pour la SA, les pièces justificatives de la dissolution découlent notamment de l'art. 63 al. 2 ORC. Ces dispositions s'appliquent par analogie à la Sàrl (art. 83 ORC).
Si vous avez besoin d'aide pour une modification du registre du commerce, Jurata se tient à votre entière disposition à tout moment.
Questions fréquentes sur la radiation au registre du commerce
Combien de temps faut-il pour radier une entreprise du registre du commerce ?
Pour une entreprise individuelle, la radiation peut souvent s'effectuer relativement rapidement, pour autant que la réquisition soit complète. Pour une SA ou une Sàrl, cela prend beaucoup plus de temps, car la dissolution, la liquidation, l'appel aux créanciers, le délai d'attente et l'accord fiscal sont préalablement nécessaires. En principe, la répartition des actifs ne peut avoir lieu qu'après un an (art. 745 al. 2 CO).
Puis-je faire radier immédiatement une Sàrl ?
Non. Une Sàrl ne peut pas simplement être radiée immédiatement si l'on souhaite y mettre fin volontairement. Il faut d'abord la décision de dissolution constatée par acte authentique (art. 821 al. 2 CO). Vient ensuite la liquidation. La radiation est requise seulement après la clôture de la liquidation, les règles du droit des actions s'appliquant par analogie (art. 821a al. 1 CO).
Qui signe la réquisition de radiation ?
Pour une SA, la radiation est requise auprès de l'office du registre du commerce par les liquidateurs après la clôture de la liquidation (art. 746 CO). Pour la Sàrl, cela s'applique par analogie via l'art. 821a al. 1 CO et l'art. 83 ORC.
Dois-je régler tous les impôts avant la radiation ?
Oui, dans les faits, c'est primordial. Pour la SA, la radiation du registre du commerce ne peut être effectuée qu'après que les administrations fiscales fédérale et cantonale ont donné leur accord (art. 65 al. 2 ORC). Pour la Sàrl, cette règle s'applique par analogie (art. 83 ORC).




