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Créer un institut de beauté en Suisse : guide juridique

Forme juridique, autorisations, assurances et pièges typiques pour ton démarrage.

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Si vous souhaitez créer un institut de beauté en Suisse, vous pensez probablement d'abord aux salles de soins, aux produits, à l'image de marque et à l'acquisition de clientes. Sur le plan juridique, la création commence pourtant plus tôt. Vous devez décider si vous vous lancez en tant qu'entreprise individuelle ou Sàrl, quelles autorités contacter, quelles assurances sont nécessaires et où s'arrête la cosmétique classique pour laisser place aux traitements réglementés.

Quelle forme juridique convient à un institut de beauté ?

Pour de nombreuses créatrices, l'entreprise individuelle est le moyen le plus simple de se lancer. Si vous commencez seule, si vous avez besoin de peu de capital et si votre risque reste gérable, cette forme est simple et rapide. Vous ne créez pas de personne morale distincte, mais vous agissez vous-même en tant qu'entrepreneuse. Cela signifie toutefois que vous êtes en principe personnellement responsable des obligations commerciales.

L'inscription au registre du commerce n'est pas toujours immédiatement obligatoire pour une entreprise individuelle. Une personne physique qui exploite une entreprise commerciale doit faire inscrire son entreprise individuelle au lieu de l'établissement si elle a réalisé un chiffre d'affaires d'au moins CHF 100'000 au cours du dernier exercice. En dessous de ce seuil, une inscription volontaire est possible (art. 931, al. 1, CO, art. 931, al. 3, CO).

La Sàrl, en revanche, est une société à part entière. Seul le patrimoine social répond en principe de ses dettes (art. 772, al. 1, CO). Cela peut s'avérer attractif si vous ouvrez un institut plus grand, si vous embauchez du personnel, si vous concluez des contrats de bail à long terme ou si vous travaillez avec des investissements plus importants. En contrepartie, la Sàrl nécessite un capital social d'au moins CHF 20'000 (art. 773, al. 1, CO). Elle est plus formelle, coûte plus cher à la création et implique plus d'administration.

En règle générale : toute personne qui se lance seule ou à titre accessoire dans un petit institut de beauté examine souvent d'abord l'entreprise individuelle. En revanche, celle qui souhaite se développer de manière professionnelle dès le départ, employer du personnel ou séparer plus nettement les risques de responsabilité de son patrimoine privé étudiera la Sàrl. Si vous avez besoin d'aide pour la création, Jurata se fera un plaisir de vous assister à tout moment.

Un institut de beauté a-t-il besoin d'une autorisation en Suisse ?

Pour les soins esthétiques classiques, il n'existe pas d'autorisation unique pour les instituts de beauté au niveau suisse qui s'applique de la même manière à chaque situation. Votre emplacement, vos locaux et votre offre concrète sont déterminants. C'est pourquoi vous devriez vous renseigner auprès de la commune et de l'autorité d'exécution cantonale avant l'ouverture pour savoir si une annonce, un contrôle ou une autorisation est nécessaire.

La distinction avec les traitements présentant un risque accru pour la santé est particulièrement importante. La formation professionnelle initiale d'esthéticienne ou d'esthéticien CFC comprend notamment des soins traitants, améliorant l'aspect de la peau, esthétiques et décoratifs du corps et du visage. S'y ajoutent l'anamnèse, l'évaluation de la peau, le conseil, l'hygiène, la sécurité au travail et la protection de la santé.

Cela ne signifie pas pour autant que chaque traitement peut être proposé librement de manière automatique. Dès que des appareils utilisant des rayonnements non ionisants ou du son sont mis en œuvre, par exemple le laser, l'IPL, les ultrasons ou certaines applications de radiofréquence, des règles supplémentaires s'appliquent. Selon leur nature, ces traitements ne peuvent être effectués que par des médecins, par du personnel de cabinet sous la direction d'un médecin ou par des personnes titulaires d'une attestation de compétences (art. 5, al. 1, O-LRNIS). Certains traitements sont même exclusivement réservés aux médecins ou à leur personnel de cabinet (art. 5, al. 2, O-LRNIS).

Pour un institut classique, cela signifie que si vous vous en tenez à des soins standards non invasifs, sans laser, IPL, ultrasons ou interventions médicales, le seuil d'accès est généralement plus bas. Dès que vous souhaitez proposer des soins à l'aide d'appareils ou à effet médical, vous devez procéder à un examen distinct des exigences requises.

Quelles assurances sont vraiment importantes ?

Si vous voulez créer un institut de beauté en Suisse, vous ne devriez pas attendre que l'ouverture soit passée pour examiner la question des assurances. Une simple réaction allergique, une chute dans l'institut ou des dommages causés aux locaux loués peuvent s'avérer très onéreux.

La responsabilité civile d'entreprise est pratiquement indispensable pour les instituts de beauté. Elle couvre généralement les dommages corporels et matériels qui peuvent survenir dans le cadre de l'exploitation. Comme vous travaillez directement sur le corps de vos clientes et clients, vous devriez vérifier avec précision si les soins esthétiques, les produits utilisés, les interventions à domicile et le personnel éventuel sont bien couverts.

Les assurances sociales sont quant à elles obligatoires. Toute personne domiciliée en Suisse ou y exerçant une activité lucrative est obligatoirement assurée à l'AVS (art. 1a, al. 1, LAVS). Les assurés exerçant une activité lucrative sont tenus de payer des cotisations tant qu'ils exercent cette activité (art. 3, al. 1, LAVS). Le revenu provenant d'une activité lucrative indépendante comprend notamment les revenus d'une entreprise commerciale ou d'autres activités indépendantes (art. 17, RAVS). En tant qu'indépendante, vous devez donc vous affilier à la caisse de compensation et déclarer correctement vos cotisations AVS.

En ce qui concerne la prévoyance professionnelle, la situation est différente. Les personnes exerçant une activité indépendante peuvent s'affilier à titre facultatif à une institution de prévoyance (art. 44, al. 1, LPP). En revanche, si vous employez du personnel, des obligations supplémentaires s'appliquent. Les salariés dont le salaire annuel dépasse le seuil légal sont soumis à la prévoyance professionnelle obligatoire (art. 2, al. 1, LPP). Les employeurs qui occupent des salariés soumis à l'assurance obligatoire doivent s'affilier à une institution de prévoyance enregistrée (art. 11, al. 1, LPP).

L'assurance-accidents devient également obligatoire dès que vous employez du personnel. Les travailleurs occupés en Suisse sont assurés à titre obligatoire selon la LAA (art. 1a, al. 1, let. a, LAA). Les personnes exerçant une activité indépendante peuvent s'assurer à titre facultatif selon la LAA (art. 4, al. 1, LAA). En outre, une assurance d'indemnités journalières en cas de maladie, une assurance de protection juridique, une assurance de choses pour l'aménagement et le stock de marchandises ainsi qu'une cyberassurance peuvent s'avérer utiles.

Qu'en est-il des produits cosmétiques au sein de l'institut ?

De nombreuses créatrices d'entreprise sous-estiment l'aspect lié aux produits. Si vous utilisez des produits cosmétiques uniquement dans l'institut, vous devez employer des produits sûrs et correctement étiquetés. Si vous vendez, importez, conditionnez vous-même des produits ou si vous les proposez sous votre propre marque, les exigences augmentent.

Les fabricants et les importateurs doivent veiller à ce que les produits cosmétiques répondent aux prescriptions de la législation sur les denrées alimentaires (art. 3, al. 1, OCos). Les distributeurs ont également des obligations, en particulier s'ils mettent pour la première fois sur le marché des produits sous leur propre nom ou leur propre marque, ou s'ils modifient un produit déjà mis sur le marché de telle sorte que sa conformité puisse en être affectée (art. 3, al. 3, OCos).

L'étiquetage est lui aussi réglementé. Le récipient et l'emballage doivent notamment porter l'usage prévu, la personne responsable, la date de durabilité minimale, le numéro de lot ainsi que les avertissements ou les précautions particulières d'emploi, dans la mesure où ces indications sont nécessaires (art. 9, al. 1, OCos). Par conséquent, quiconque souhaite vendre ses propres crèmes, sérums ou huiles ne doit pas le faire de manière improvisée depuis la cabine de soin, mais vérifier au préalable les obligations relatives aux produits et à leur étiquetage.

À partir de quand êtes-vous assujettie à la TVA ?

Les services esthétiques et la vente de produits peuvent être pertinents au regard de la TVA. En principe, est assujetti à l'impôt quiconque exploite une entreprise et fournit des prestations sur le territoire suisse ou a son siège, son domicile ou un établissement stable sur le territoire suisse (art. 10, al. 1, LTVA). Est toutefois libéré de l'assujettissement quiconque réalise en Suisse et à l'étranger un chiffre d'affaires inférieur à CHF 100'000 par an provenant de prestations imposables (art. 10, al. 2, let. a, LTVA).

Pour votre institut de beauté, cela signifie que vous devez planifier la TVA très tôt, même si vous restez en dessous du seuil au début. Dès que votre chiffre d'affaires augmente, vous devez vérifier s'il est nécessaire de vous inscrire. Une comptabilité rigoureuse dès le départ s'avère particulièrement payante en cas d'offres mixtes comprenant des soins, de la vente de produits et des bons d'achat.

Comment procéder concrètement pour la création ?

Commencez par définir clairement votre offre. Déterminez si vous proposez exclusivement de l'esthétique classique ou si le laser, l'IPL, les ultrasons, le maquillage permanent ou des prestations à caractère médical viendront s'y ajouter par la suite. Cette distinction permet de déterminer les justificatifs et les clarifications nécessaires.

Vous choisissez ensuite la forme juridique. Pour démarrer modestement, l'entreprise individuelle est souvent pragmatique. Pour un institut plus important comportant un risque plus élevé, la Sàrl peut être judicieuse. Ensuite, vous clarifiez les questions d'emplacement avec la commune, la bailleresse et le canton. Les règles locales peuvent jouer un rôle, notamment pour les instituts à domicile, les locaux commerciaux, les enseignes publicitaires ou les adaptations structurelles.

En parallèle, vous devez préparer vos assurances, votre affiliation à l'AVS, votre comptabilité, la protection des données des clients et la documentation des produits. Les dossiers clients, les consentements, les procédures d'hygiène et les informations claires sur les soins ne sont pas seulement professionnels, ils permettent également d'éviter les litiges.

Questions fréquentes sur l'institut de beauté en Suisse

Ai-je besoin d'une formation pour ouvrir un institut de beauté ?

Pour l'esthétique classique, il n'existe pas en Suisse, dans tous les cas, d'obligation uniforme de formation au niveau fédéral pour ouvrir un institut. Néanmoins, une formation solide est essentielle car les esthéticiennes et esthéticiens travaillent sur le corps et doivent maîtriser l'hygiène, l'évaluation de la peau, la connaissance des produits et la sécurité au travail.

Puis-je proposer du laser ou de l'IPL dans un institut de beauté ?

Oui, mais pas sans vérification préalable. Certains soins esthétiques recourant aux rayonnements non ionisants ou au son exigent une attestation de compétences ou s'effectuent sous la responsabilité d'un médecin (art. 5, al. 1, O-LRNIS). Certains traitements sont réservés aux médecins ou à leur personnel de cabinet (art. 5, al. 2, O-LRNIS).

Dois-je inscrire mon institut de beauté au registre du commerce ?

Sous forme d'entreprise individuelle, vous devez vous inscrire si vous avez réalisé un chiffre d'affaires d'au moins CHF 100'000 au cours du dernier exercice (art. 931, al. 1, CO). Une inscription volontaire est également possible avant ce seuil (art. 931, al. 3, CO). En revanche, une Sàrl n'existe qu'à partir de son inscription au registre du commerce.

Quelle est l'assurance la plus importante ?

En pratique, la responsabilité civile d'entreprise est généralement l'assurance facultative la plus importante, car elle couvre les dommages corporels et matériels typiques liés à l'exploitation de l'institut. Sur le plan légal, l'AVS, l'assurance-accidents pour les employés et la prévoyance professionnelle sont particulièrement importantes dès que vous employez du personnel (art. 3, al. 1, LAVS, art. 1a, al. 1, let. a, LAA, art. 2, al. 1, LPP).

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