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Créer une entreprise de conseil en Suisse : forme juridique, comptabilité et contrats

La forme juridique, la comptabilité, la TVA et les contrats clients expliqués simplement.

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Quiconque souhaite fonder une société de conseil démarre souvent de manière légère : un ordinateur portable, de l'expertise, un réseau et de premiers clients. Néanmoins, il est payant de mettre en place des bases juridiques et administratives propres dès le départ. En particulier pour les services de conseil, beaucoup dépend de la question de savoir si vous fondez votre entreprise seul ou avec d'autres, de votre niveau de risque en matière de responsabilité, de votre souhait de figurer ou non au registre du commerce et de l'image professionnelle que vous souhaitez projeter vis-à-vis des entreprises.

Quelle forme juridique convient à une entreprise de conseil ?

Pour de nombreuses entreprises de conseil, trois formes juridiques entrent principalement en ligne de compte : l'entreprise individuelle, la Sàrl et la SA. Le bon choix dépend moins de l'étiquette que de votre situation concrète. Les facteurs déterminants sont la responsabilité, le besoin de capital, l'image extérieure, la croissance et la complexité administrative.

L'entreprise individuelle est souvent la solution la plus simple si vous vous lancez seul, si vous avez besoin de peu d'investissements et si le risque reste limité. Elle ne requiert aucun capital minimum légal. En contrepartie, vous êtes responsable personnellement. Sur le plan juridique, vous n'êtes pas séparé de votre entreprise. Si vous exercez une activité commerciale en tant que personne physique et que vous avez réalisé un chiffre d'affaires d'au moins CHF 100'000 lors du dernier exercice, vous devez faire inscrire votre entreprise individuelle au registre du commerce. En deçà de ce seuil, une inscription volontaire est possible (art. 931, al. 1, CO, art. 931, al. 3, CO).

La Sàrl est souvent attrayante si l'entreprise de conseil doit se présenter de manière plus professionnelle ou si vous souhaitez limiter votre risque privé. Le capital social est d'au moins CHF 20'000 (art. 773, al. 1, CO). La Sàrl est constituée par acte authentique, les fondateurs fixant les statuts et désignant les organes (art. 777, al. 1, CO). Elle doit être inscrite au registre du commerce du siège (art. 778, CO) et acquiert la personnalité juridique de ce fait (art. 779, al. 1, CO).

La SA convient plutôt si vous avez des projets de croissance plus importants, si vous souhaitez accueillir des investisseurs ou si vous avez besoin d'une séparation particulièrement stricte entre la personne privée et la société. Le capital-actions est d'au moins CHF 100'000 (art. 621, al. 1, CO). La SA est également constituée par acte authentique, avec statuts, souscription des actions et désignation des organes (art. 629, al. 1, CO). Elle n'acquiert la personnalité juridique que par son inscription au registre du commerce (art. 643, al. 1, CO).

La règle générale est la suivante : quiconque souhaite créer une entreprise de conseil et se lance seul avec un risque limité examine d'abord l'option de l'entreprise individuelle. Quiconque souhaite accorder plus d'importance à la responsabilité, à l'image extérieure et à des structures claires examine l'option de la Sàrl. La SA est généralement judicieuse lorsque des prises de participation, des investisseurs ou des projets de croissance plus importants entrent en jeu.

Que signifie la forme juridique pour le nom de l'entreprise ?

Dans le cas de l'entreprise individuelle, le contenu essentiel de la raison de commerce doit être constitué de votre nom de famille, avec ou sans prénom (art. 945, al. 1, CO). Un nom de fantaisie seul ne suffit donc pas. Des adjonctions sont possibles, pour autant qu'elles ne suggèrent pas à tort un rapport d'association (art. 945, al. 3, CO).

Pour la Sàrl et la SA, le choix du nom est plus libre. Les sociétés de personnes et de capitaux peuvent en principe choisir librement leur raison de commerce, mais elles doivent y mentionner la forme juridique (art. 950, al. 1, CO). De plus, la raison de commerce d'une société commerciale doit se distinguer nettement de toutes les raisons de commerce de sociétés commerciales et de coopératives déjà inscrites en Suisse (art. 951, CO).

Pour une entreprise de conseil, le nom est particulièrement important, car la confiance et la spécialisation se créent souvent dès le premier contact. Un nom ne doit donc pas seulement être juridiquement admissible, il doit aussi exprimer clairement ce que vous représentez.

Quelle comptabilité est requise pour une entreprise de conseil ?

L'obligation de tenir une comptabilité dépend fortement de la forme juridique et du chiffre d'affaires. Les personnes morales, en particulier les Sàrl et les SA, sont soumises à l'obligation de tenir une comptabilité et de présenter des comptes (art. 957, al. 1, ch. 2, CO). Les entreprises individuelles et les sociétés de personnes doivent tenir une comptabilité complète et présenter des comptes si elles ont réalisé un chiffre d'affaires d'au moins CHF 500'000 lors du dernier exercice (art. 957, al. 1, ch. 1, CO).

Une entreprise individuelle dont le chiffre d'affaires est inférieur à CHF 500'000 doit au moins tenir une comptabilité des recettes, des dépenses et du patrimoine (art. 957, al. 2, ch. 1, CO). Cela semble simple, mais cela signifie tout de même : collecter les justificatifs, documenter les opérations commerciales de manière traçable et séparer proprement les dépenses privées et professionnelles.

La comptabilité doit enregistrer de manière complète, véridique et systématique les faits commerciaux. De plus, elle requiert des pièces comptables pour chaque écriture, de la clarté, de l'adéquation et de la vérifiabilité (art. 957a, al. 2, CO). Les livres d'affaires, les pièces comptables, le rapport de gestion et le rapport de révision doivent être conservés pendant dix ans (art. 958f, al. 1, CO).

Pour une entreprise de conseil en particulier, de nombreux thèmes comptables typiques apparaissent dès les premiers mois : abonnements de logiciels, frais de voyage, formations continues, freelances externes, frais de marketing, part de home office et factures clients. Saisir ces éléments proprement dès le début permet d'économiser beaucoup d'efforts par la suite. Si vous avez besoin d'aide pour votre comptabilité, Jurata se fera un plaisir de vous aider à tout moment.

Quand la TVA devient-elle applicable ?

La TVA est particulièrement importante pour les entreprises de conseil, car le conseil est généralement une prestation de services à titre onéreux. Sont en principe assujettis à l'impôt quiconque exploite une entreprise, indépendamment de la forme juridique, du but et de l'intention de réaliser un bénéfice, et fournit des prestations sur le territoire suisse ou a son siège, son domicile ou un établissement stable sur le territoire suisse (art. 10, al. 1, LTVA).

Est toutefois libéré de l'assujettissement à la TVA quiconque réalise en un an, sur le territoire suisse et à l'étranger, un chiffre d'affaires inférieur à CHF 100'000 provenant de prestations imposables (art. 10, al. 2, let. a, LTVA). Pour de nombreuses nouvelles entreprises de conseil, cela signifie que la planification du chiffre d'affaires est non seulement pertinente d'un point de vue économique, mais aussi fiscal.

Il est important de ne pas examiner le seuil uniquement à la fin de l'année. Quiconque prévoit que son entreprise de conseil va croître rapidement doit anticiper la TVA très tôt. Sinon, les offres, les factures, les prix et la comptabilité devront être adaptés ultérieurement dans l'urgence.

Quels contrats sont nécessaires pour une entreprise de conseil ?

Quiconque souhaite créer une entreprise de conseil ne doit pas seulement penser au registre du commerce et à la comptabilité. La protection opérationnelle la plus importante réside souvent dans le contrat client. Le conseil est avant tout une affaire de confiance. C'est précisément pour cela qu'il convient de définir clairement par écrit ce qui est dû et ce qui ne l'est pas.

Le contrat est parfait lorsque les parties ont manifesté d'une manière réciproque et concordante leur volonté (art. 1, al. 1, CO). Pour de nombreux mandats de conseil, le mandat simple est le point de départ juridique naturel. Par le mandat, le mandataire s'oblige à gérer l'affaire dont il est chargé ou à rendre les services qu'il a promis, conformément au contrat (art. 394, al. 1, CO). Une rémunération est due si elle a été convenue ou si elle est d'usage (art. 394, al. 3, CO).

C'est un élément central pour le conseil : dans de nombreux mandats, la conseillère ou le conseiller ne doit pas garantir un succès économique, mais agir avec diligence. Le mandataire répond de la bonne et fidèle exécution du mandat (art. 398, al. 2, CO). S'agissant de prestations d'expertise, le Tribunal fédéral a retenu qu'il y a mandat lorsque l'exactitude du résultat ne peut pas être objectivement garantie (ATF 127 III 328 consid. 2c).

Il peut en aller autrement lorsqu'un résultat de travail clairement mesurable est dû. Par le contrat d'entreprise, l'entrepreneur s'oblige à exécuter un ouvrage, moyennant un prix que le maître s'engage à lui payer (art. 363, CO). Un concept concret, un rapport ou un livrable technique peut, selon son contenu, présenter plutôt des éléments du contrat d'entreprise. L'élément déterminant n'est donc pas le titre du contrat, mais ce qui est réellement promis.

Que doit régler le contrat de conseil ?

Un bon contrat de conseil doit définir de manière compréhensible quelles prestations vous fournissez, quelle collaboration la ou le client doit apporter, comment les honoraires sont calculés et quels résultats peuvent être attendus. La distinction entre conseil, mise en œuvre et garantie de résultat est particulièrement importante.

Si vous développez par exemple une stratégie, vous ne devez pas, par inadvertance, garantir le succès commercial de cette stratégie. Si, en revanche, vous fournissez un rapport spécifique, un concept de formation ou une documentation de processus, il convient de définir clairement quand cette prestation est considérée comme fournie.

De même, des règles relatives à la confidentialité, à la protection des données, aux droits d'utilisation des documents, aux frais, aux délais de paiement, à la résiliation et à la responsabilité sont indispensables. Pour les mandats récurrents, un contrat-cadre assorti de descriptifs de prestations individuels s'avère particulièrement utile. La collaboration reste ainsi flexible, sans qu'il soit nécessaire de renégocier chaque détail à chaque fois.

Quelles sont les erreurs les plus courantes lors de la création ?

Une erreur fréquente est de choisir sa forme juridique uniquement en fonction des coûts de création. Bien que l'entreprise individuelle soit simple, elle peut s'avérer inadaptée en cas de risques plus élevés ou face à de gros clients. Inversement, une Sàrl n'est pas automatiquement préférable si vous commencez à très petite échelle et que vous n'avez pratiquement aucun risque de responsabilité.

Une deuxième erreur est de s'occuper de la comptabilité trop tard. De nombreux créateurs et créatrices de projets ne rassemblent les pièces justificatives que lorsque la déclaration d'impôt approche. Il est préférable de travailler dès le premier jour avec un compte bancaire professionnel séparé, des numéros de facture clairs et un classement rigoureux.

Une troisième erreur concerne les contrats. Quiconque s'appuie uniquement sur des e-mails, des offres ou des accords verbaux peine souvent à prouver ce qui avait été convenu exactement en cas de litige. C'est précisément pour les prestations de conseil, dont le succès n'est pas toujours mesurable de manière objective, qu'un bon contrat apporte de la clarté.

Conclusion : démarrer léger, mais structurer proprement

En Suisse, une entreprise de conseil peut se créer avec une structure relativement légère. Néanmoins, il convient de clarifier rapidement les bases essentielles. L'entreprise individuelle convient souvent pour démarrer simplement, tandis que la Sàrl offre plus de structure ainsi qu'une séparation plus nette entre la personne privée et l'entreprise. La SA s'impose quant à elle principalement en présence de projets d'envergure, de participations ou d'investisseurs.

En ce qui concerne la comptabilité, plus vous travaillez proprement dès le départ, plus la gestion des impôts, de la TVA, de la clôture annuelle et de la croissance sera aisée. Il en va de même pour les contrats. Un contrat de conseil clair vous protège non seulement des litiges, mais professionnalise également votre offre.

Quiconque souhaite créer une entreprise de conseil ne doit donc pas attendre l'apparition des premiers problèmes. La forme juridique, la comptabilité et les contrats ne sont pas de simples formalités. Ils constituent le fondement même permettant de transformer votre expertise en une entreprise stable.

Questions fréquentes sur la création d'une entreprise de conseil

Ai-je impérativement besoin d'une Sàrl pour une entreprise de conseil ?

Non. Une entreprise de conseil peut également être exploitée sous la forme d'une entreprise individuelle. Une Sàrl est intéressante en premier lieu si vous souhaitez une structure juridique plus claire, une image extérieure plus professionnelle ou une séparation plus nette entre votre personne privée et l'entreprise.

Dois-je inscrire immédiatement mon entreprise individuelle au registre du commerce ?

Pas toujours. Une personne physique doit faire inscrire son entreprise individuelle si elle exerce une activité commerciale et a réalisé un chiffre d'affaires d'au moins CHF 100'000 lors du dernier exercice (art. 931, al. 1, CO). En deçà de ce seuil, une inscription volontaire est possible (art. 931, al. 3, CO).

À partir de quand ai-je besoin d'une comptabilité en partie double ?

Les entreprises individuelles doivent tenir une comptabilité complète et présenter des comptes si elles ont réalisé un chiffre d'affaires d'au moins CHF 500'000 lors du dernier exercice (art. 957, al. 1, ch. 1, CO). En tant que personnes morales, les Sàrl et les SA sont en principe soumises à l'obligation de tenir une comptabilité et de présenter des comptes (art. 957, al. 1, ch. 2, CO).

Le contrat de conseil est-il plutôt un mandat ou un contrat d'entreprise ?

De nombreux contrats de conseil sont juridiquement des mandats, car c'est une exécution diligente et non un succès garanti qui est dû (art. 394, al. 1, CO, art. 398, al. 2, CO). En revanche, si un ouvrage objectivement vérifiable est promis, le droit du contrat d'entreprise peut devenir applicable (art. 363, CO).

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