Fondation d'entreprise
Avantages et inconvénients d'une Sàrl
Tout sur la responsabilité, les coûts, les impôts et l'administration d'une Sàrl en Suisse.


Fondation d'entreprise

En bref : la Sàrl est une société à part entière dotée de sa propre personnalité juridique. Elle peut conclure des contrats, embaucher du personnel, avoir des dettes et ester en justice. En principe, seule la fortune sociale répond de ses engagements (art. 772, al. 1, CO, art. 794 CO).
Le législateur qualifie la Sàrl de société de capitaux à caractère personnel. C'est un point essentiel. Il ne s'agit pas seulement d'un vecteur de capitaux comme une SA classique, elle comporte également des éléments personnels. Les associés y occupent une place plus importante. Par défaut, tous les associés gèrent d'ailleurs l'entreprise en commun, à moins que les statuts n'en disposent autrement (art. 809, al. 1, CO).
Ce mélange constitue l'un des grands avantages d'une Sàrl. Elle convient parfaitement lorsque peu de personnes créent ensemble une entreprise et souhaitent en garder le contrôle. En revanche, cela peut s'avérer contraignant lorsqu'il s'agit de vendre rapidement des parts sociales par la suite ou d'accueillir de nouveaux investisseurs en toute simplicité.
Les principaux avantages d'une Sàrl sont la responsabilité limitée, un capital social minimal relativement bas, une image professionnelle sur le marché et une structuration flexible grâce aux statuts.
Le principal avantage réside dans la limitation de la responsabilité. Pour les dettes de la Sàrl, seule la fortune sociale est en principe engagée (art. 794 CO). Le patrimoine privé des associés est ainsi mieux protégé que dans le cas d'une entreprise individuelle.
Toutefois, cela ne signifie pas que plus personne ne court de risques personnels. Quiconque signe des cautionnements privés, fournit des sûretés personnelles ou viole ses devoirs en tant que gérant peut tout de même être touché personnellement. La Sàrl protège donc contre le risque commercial normal, mais pas contre tout comportement fautif ni contre les engagements contractés à titre privé.
Il convient également de souligner un point important : la limitation de la responsabilité ne s'applique pas parce que la société n'est pas responsable. Au contraire, la Sàrl répond de ses dettes sur l'ensemble de sa fortune sociale. Ce sont uniquement les associés qui, en principe, ne répondent pas en plus sur leur patrimoine privé.
Une Sàrl requiert un capital social d'au moins 20 000 CHF (art. 773, al. 1, CO). En comparaison avec la SA, ce montant est bas. Une SA nécessite en effet un capital-actions minimal de 100 000 CHF (art. 621, al. 1, CO).
Le capital social correspond à la somme des parts sociales des associés. Il constitue une base financière minimale pour la société. Autrement dit, la Sàrl ne démarre pas totalement sans capital, mais sur une base légalement obligatoire.
Il convient toutefois de noter que l'apport lors de la fondation doit être entièrement libéré (art. 777c, al. 1, CO). Quiconque fonde une Sàrl doit donc réellement disposer des 20 000 CHF. En contrepartie, cet argent est en principe à la disposition de la société après la fondation et n'est pas simplement « perdu ».
Une Sàrl peut être créée par une ou plusieurs personnes physiques ou sociétés commerciales (art. 772, al. 1, CO). Il est donc également possible de créer une Sàrl unipersonnelle.
C'est très pratique pour les fondateurs solo qui ne souhaitent pas se lancer sous la forme d'une entreprise individuelle. Ils peuvent loger leur activité dans une entité juridique distincte, sans avoir besoin d'un cofondateur.
Dans le cadre d'activités de conseil, d'agences, de prestations informatiques, d'entreprises artisanales ou de petits commerces, cela peut représenter un excellent compromis : une structure et une protection de la responsabilité accrues par rapport à l'entreprise individuelle, mais avec un besoin en capital inférieur à celui d'une SA.
Généralement, une Sàrl renvoie une image plus professionnelle qu'une entreprise individuelle vis-à-vis des banques, des clients, des fournisseurs et des partenaires d'affaires. Elle est inscrite au registre du commerce, possède des statuts, des organes et un capital social défini.
La société acquiert la personnalité juridique par son inscription au registre du commerce (art. 779, al. 1, CO). La fondation elle-même requiert un acte authentique par lequel les fondateurs déclarent créer une Sàrl, en arrêtent les statuts et en désignent les organes (art. 777, al. 1, CO).
Ces formalités peuvent sembler fastidieuses au premier abord. Elles apportent pourtant de la clarté. Quiconque fait des affaires avec une Sàrl peut facilement consulter des informations importantes dans le registre du commerce.
Chaque Sàrl peut en principe choisir librement sa raison de commerce, pour autant que les règles générales soient respectées et que la forme juridique soit indiquée (art. 950, al. 1, CO). La raison de commerce ne doit pas induire en erreur ni être contraire à un intérêt public (art. 944, al. 1, CO).
Il s'agit d'un avantage de taille par rapport à l'entreprise individuelle, où le nom de famille du propriétaire joue un rôle prépondérant. Dans le cas d'une Sàrl, la marque peut être mise en avant de manière beaucoup plus forte. C'est un atout précieux pour les entreprises ayant des projets de croissance, une activité en ligne ou une stratégie de marque claire.
La Sàrl peut être structurée de manière relativement flexible par le biais de ses statuts. Ceux-ci doivent notamment mentionner la raison de commerce, le siège, le but, le capital social ainsi que le nombre et la valeur nominale des parts sociales (art. 776 CO). De plus, ils peuvent prévoir des dispositions complémentaires.
Précisément parce que la Sàrl présente un caractère personnel, les parties peuvent fixer de nombreuses règles. Les statuts peuvent par exemple prévoir des obligations d'effectuer des versements supplémentaires ou des prestations accessoires (art. 772, al. 2, CO). De telles obligations peuvent se révéler utiles lorsque les associés doivent apporter plus que du capital, comme du savoir-faire, du travail ou des financements supplémentaires.
Cette flexibilité s'avère avantageuse lorsque les règles sont élaborées de manière réfléchie. Cependant, elle peut devenir un inconvénient si les statuts de départ sont adoptés sans vérification et s'avèrent inadaptés à l'entreprise par la suite.
Un autre avantage réside dans le contrôle des nouveaux associés. La cession de parts sociales requiert la forme écrite (art. 785, al. 1, CO). De surcroît, elle nécessite en principe l'approbation de l'assemblée des associés, à moins que les statuts n'en disposent autrement (art. 786, al. 1, CO).
Cela s'avère particulièrement crucial pour les petites équipes. Tout le monde ne doit pas pouvoir entrer librement dans la société. La Sàrl convient donc parfaitement aux entreprises au sein desquelles la confiance, la collaboration active et les relations personnelles sont au centre du projet.
Les inconvénients d'une Sàrl résident principalement dans les frais de fondation, l'administration, la publicité des données, la double imposition économique et une moindre flexibilité lors du transfert des parts.
Une Sàrl est nettement plus formaliste qu'une entreprise individuelle. Sa fondation doit faire l'objet d'un acte authentique (art. 777, al. 1, CO). Il est en outre nécessaire d'établir des statuts, de procéder à l'inscription au registre du commerce, de libérer le capital et, la plupart du temps, de recourir à l'aide de professionnels.
Même après sa fondation, la Sàrl demeure plus exigeante sur le plan administratif. En tant que personne morale, elle est soumise à l'obligation de tenir une comptabilité et de présenter des comptes (art. 957, al. 1, ch. 2, CO). Une entreprise individuelle réalisant un faible chiffre d'affaires peut être organisée plus simplement. Toute personne qui dirige une Sàrl doit donc planifier rigoureusement la comptabilité, la clôture annuelle, la déclaration d'impôt et les décisions de l'assemblée dès le départ.
Le capital minimal peu élevé constitue un avantage par rapport à la SA. En comparaison avec l'entreprise individuelle, il s'agit toutefois d'un inconvénient. Une entreprise individuelle peut en effet être lancée sans capital minimal légal. Pour la Sàrl, chaque part sociale doit faire l'objet d'un apport entièrement libéré correspondant au prix d'émission (art. 777c, al. 1, CO).
C'est un investissement accessible pour beaucoup de créateurs d'entreprise. Pour de très petits projets, des activités accessoires ou de premiers tests de marché, cela peut en revanche s'avérer prématuré.
La Sàrl implique une certaine transparence. Pour les sociétés à responsabilité limitée, le registre du commerce mentionne obligatoirement la raison de commerce, le siège, le but, le capital social, l'identité des associés, le nombre et la valeur nominale des parts sociales, l'identité des gérants ainsi que les personnes habilitées à représenter la société (art. 73, al. 1, ORC).
Cela renforce la confiance, mais implique également une réduction de la sphère privée. Contrairement à une SA, où l'anonymat des actionnaires peut être préservé du public, les associés d'une Sàrl sont visibles dans le registre du commerce.
La Sàrl doit tenir une comptabilité et présenter des comptes (art. 957, al. 1, ch. 2, CO). À cela s'ajoute, selon sa taille, l'obligation de faire réviser ses comptes. Les dispositions du droit de la SA s'appliquent par analogie à l'organe de révision de la Sàrl (art. 818, al. 1, CO).
Les sociétés d'une certaine importance doivent se soumettre à un contrôle ordinaire lorsque certaines conditions sont remplies. C'est le cas par exemple des sociétés faisant appel au public, de celles soumises à l'obligation d'établir des comptes de groupe ou encore lorsque deux des valeurs seuils suivantes sont dépassées durant deux exercices successifs : un total du bilan de 20 millions de CHF, un chiffre d'affaires de 40 millions de CHF, ou un effectif moyen de 250 emplois à plein temps (art. 727, al. 1, CO).
Les Sàrl de taille plus modeste sont en principe soumises au contrôle restreint. Avec le consentement de tous les associés, il est possible de renoncer à ce contrôle (opting-out) si la société ne compte pas plus de dix emplois à plein temps en moyenne annuelle (art. 727a, al. 2, CO en relation avec l'art. 818, al. 1, CO).
Un inconvénient pratique réside dans la double imposition économique. En tant que société, la Sàrl est imposée sur son bénéfice. Si les bénéfices sont ensuite distribués sous forme de dividendes, ceux-ci sont également imposés chez l'associé au titre du revenu.
La charge d'impôt exacte dépend fortement du canton, de la commune, de la quotité de participation et de la situation personnelle. Par conséquent, il est impossible de dire de manière générale si la Sàrl est toujours plus ou moins avantageuse fiscalement qu'une entreprise individuelle. Le point important à retenir est le suivant : les avantages de la Sàrl en termes de responsabilité et de structure peuvent s'accompagner d'une plus grande complexité fiscale.
Le contrôle de l'actionnariat est un avantage, mais il peut aussi devenir un inconvénient. Quiconque souhaite céder ses parts sociales doit conclure un contrat de cession écrit (art. 785, al. 1, CO). En outre, l'approbation de l'assemblée des associés est en principe requise (art. 786, al. 1, CO).
Cela protège l'équilibre de la société, mais peut ralentir les transactions. Pour les start-ups qui effectuent des levées de fonds fréquentes ou comptent de nombreux investisseurs, la SA peut donc s'avérer plus adaptée.
Le caractère personnel de la Sàrl expose l'entreprise de manière directe aux conflits entre associés. En cas de motifs graves, la loi prévoit qu'un associé peut demander au tribunal la dissolution de la société. Le tribunal peut également prononcer une autre solution appropriée et acceptable pour les parties, notamment le rachat des parts sociales à leur valeur réelle (art. 821, al. 3, CO).
Cela démontre que la Sàrl est idéale lorsque la collaboration se déroule bien. Si la confiance vient à manquer ou si les rôles sont flous, il convient d'accorder un soin tout particulier à la rédaction des statuts et de la convention d'associés.
La Sàrl représente souvent l'alternative idéale entre l'entreprise individuelle et la SA. Elle offre une protection contre la responsabilité individuelle et une structure professionnelle, tout en requérant un capital de départ nettement inférieur à celui d'une SA.
Critère | Sàrl | Entreprise individuelle | SA |
|---|---|---|---|
Capital minimal | 20 000 CHF (art. 773, al. 1, CO) | aucun capital minimal légal | 100 000 CHF (art. 621, al. 1, CO) |
Responsabilité | en principe, seule la fortune sociale (art. 794 CO) | le titulaire en répond personnellement | en principe, seule la fortune sociale |
Fondation | acte authentique et inscription au registre du commerce (art. 777, al. 1, CO, art. 779, al. 1, CO) | plus simple | plus formaliste et exigeante en capital |
Publicité des données | associés inscrits de manière publique (art. 73, al. 1, ORC) | titulaire inscrit de manière publique | les actionnaires ne sont généralement pas listés publiquement |
Flexibilité des participations | contrôlée, mais plus formaliste (art. 785, al. 1, CO, art. 786, al. 1, CO) | pas de parts transmissibles | généralement plus attrayante pour les investisseurs |
Si vous désirez afficher un profil sérieux, protéger votre patrimoine personnel et vous lancer avec un capital raisonnable, la Sàrl présente de nombreux atouts. Si vous souhaitez tester une petite activité, l'entreprise individuelle peut être plus simple. Enfin, si vous prévoyez d'accueillir des investisseurs ou de structurer les participations de manière très flexible, la SA sera souvent plus pertinente.
La Sàrl convient particulièrement aux fondateurs désireux de bâtir une entreprise pérenne tout en limitant leurs risques personnels.
Les cas d'usage typiques sont :
Sociétés de conseil disposant d'un portefeuille clients en croissance
Entreprises artisanales et de services
Agences, entreprises informatiques et boutiques en ligne
Entreprises familiales et petites équipes
Entreprises formées de plusieurs associés
Projets pour lesquels une image professionnelle et crédible est essentielle
À l'inverse, pour de très petites activités accessoires, de purs projets tests ou des activités sans risque notable de responsabilité, la création d'une Sàrl peut s'avérer disproportionnée.
Si vous envisagez de fonder une Sàrl, il vaut la peine de soigner la préparation des statuts, la répartition des parts sociales et les droits de signature. C'est en effet grâce à une structure bien pensée que l'on évite les conflits futurs. Si vous avez besoin d'aide concernant le thème de la fondation, Jurata se tient à votre entière disposition.
Les avantages d'une Sàrl sont indéniables : responsabilité limitée, présentation professionnelle, personnalité juridique propre, structure interne claire et exigences en capital minimal nettement inférieures à celles de la SA. Pour beaucoup de PME, la Sàrl constitue ainsi la forme juridique la plus pratique.
Les inconvénients sont toutefois bien réels. Sa fondation est plus onéreuse que celle d'une entreprise individuelle, elle exige une comptabilité rigoureuse ainsi que le respect de diverses formalités de droit des sociétés, rend publiques les données des associés et peut se révéler plus complexe sur le plan fiscal.
La meilleure règle empirique reste donc la suivante : opter pour la Sàrl est judicieux dès lors que votre projet va au-delà d'un test à court terme et que la protection contre les risques, la clarté structurelle et la crédibilité commerciale justifient pleinement les démarches supplémentaires requises.
En principe, seules les actifs de la Sàrl répondent des dettes de celle-ci (art. 794 CO). Des risques de responsabilité personnelle peuvent toutefois survenir si des associés signent des garanties personnelles ou si les gérants manquent à leurs obligations légales.
Oui. Une Sàrl peut être fondée par une seule ou par plusieurs personnes physiques ou sociétés commerciales (art. 772, al. 1, CO). Une Sàrl unipersonnelle est donc parfaitement possible.
Non. L'apport doit être entièrement libéré lors de la fondation (art. 777c, al. 1, CO). Après l'inscription, ce capital appartient à la société et peut en principe être utilisé pour le développement de son activité opérationnelle.
Oui. Une société de capitaux peut se transformer en une société de capitaux revêtant une autre forme juridique (art. 54, al. 1, let. a, LFus). Une Sàrl peut donc tout à fait être transformée ultérieurement en SA.
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