Fondation d'entreprise

Statuts de Sàrl : contenu, but et erreurs typiques

Les éléments clés, les exigences et les points auxquels les fondateurs doivent prêter attention.

Les statuts de la Sàrl définissent les bases les plus importantes d'une entreprise. Cet article présente le contenu requis, le rôle que jouent les statuts lors de la création et ce à quoi les fondatrices et fondateurs doivent prêter une attention particulière.

Que sont les statuts de Sàrl ?

Les statuts de Sàrl sont les règles fondamentales d'une société à responsabilité limitée. Ils sont définis lors de la constitution et font partie de l'acte authentique.

La Sàrl ne naît pas simplement d'un accord privé. Les fondateurs déclarent par acte authentique qu'ils fondent une Sàrl, y établissent les statuts et désignent les organes (art. 777 al. 1 CO). Lors de la réquisition d'inscription, l'acte authentique et les statuts, entre autres, doivent être déposés auprès de l'office du registre du commerce (art. 71 al. 1 ORC).

Il est également important de noter que les statuts de Sàrl ne peuvent pas être modifiés de manière informelle. Toute modification des statuts doit faire l'objet d'un acte authentique et être inscrite au registre du commerce (art. 780 CO). Une mauvaise planification lors de la constitution risque donc d'entraîner par la suite des coûts inutiles et des retards.

Quel est le contenu minimal obligatoire des statuts de Sàrl ?

Les statuts d'une Sàrl doivent régler au moins quatre points. Si l'un de ces points fait défaut, les statuts sont incomplets.

Le contenu minimal légal comprend :

Élément

Ce que cela signifie

Raison sociale et siège

Nom de la Sàrl et commune politique du siège

But

Description de l'activité et du domaine d'activité

Capital social

Montant du capital ainsi que le nombre et la valeur nominale des parts sociales

Communications

Forme des communications de la société aux associés

Ces mentions obligatoires découlent directement de l'art. 776 CO. Le contenu minimal est impératif. Les statuts doivent donc au moins mentionner la raison sociale et le siège, le but, le capital social avec les parts sociales ainsi que la forme des communications.

Le capital social d'une Sàrl s'élève au minimum à 20 000 CHF (art. 773 al. 1 CO). Il est fixé dans les statuts et, pour les dettes de la Sàrl, seul l'actif social est en principe engagé (art. 772 al. 1 CO). Lors de la constitution, un apport correspondant au prix d'émission doit être entièrement libéré pour chaque part sociale (art. 777c al. 1 CO).

Comment le but de la Sàrl doit-il être formulé ?

Le but doit être suffisamment clair pour que les tiers comprennent l'activité de la Sàrl, mais pas trop restrictif, afin de ne pas devoir modifier les statuts à chaque légère adaptation du modèle d'affaires.

Le droit du registre du commerce exige que les entités juridiques décrivent leur but de manière à ce que leur domaine d'activité soit clairement identifiable pour les tiers (art. 118 al. 1 ORC). Pour la Sàrl, l'office du registre du commerce reprend la description du but textuellement à partir des statuts ou de l'acte de fondation (art. 118 al. 2 ORC).

Des formulations trop générales sont donc délicates. Un but tel que « affaires en tout genre » n'est pas assez précis. Des formulations trop restrictives s'avèrent également peu pratiques. Si une Sàrl propose aujourd'hui de la création de sites web et souhaite demain proposer également du marketing en ligne, des formations ou du développement de logiciels, le but formulé doit lui laisser une marge de manœuvre suffisante.

Un bon but décrit l'activité principale de manière compréhensible et la complète, au besoin, par un but accessoire cohérent. Il ne doit pas énumérer toutes les activités imaginables, mais ne doit pas non plus être vide de sens au point que personne ne sache ce que fait réellement la société.

Pourquoi les statuts de Sàrl sont-ils plus qu'un simple document obligatoire ?

Les statuts de Sàrl peuvent régler bien plus que le contenu minimal. C'est précisément là que réside leur valeur pratique.

La loi permet par exemple aux statuts de prévoir des obligations de verser des versements supplémentaires et des obligations de fournir des prestations accessoires (art. 772 al. 2 CO). Une obligation de verser des versements supplémentaires signifie que les associés doivent, sous certaines conditions, fournir des fonds additionnels. Elle n'est possible que si elle est prévue par les statuts, et le montant doit être fixé par part sociale. Ce montant ne peut pas excéder le double de la valeur nominale de la part sociale (art. 795 al. 1 CO, art. 795 al. 2 CO). Les statuts doivent indiquer clairement si et dans quelle mesure certaines parts sociales sont grevées d'une obligation de verser des versements supplémentaires.

Des obligations de fournir des prestations accessoires peuvent également être réglées dans les statuts. Elles ne sont admissibles que si elles servent le but de la société, le maintien de son indépendance ou la préservation de la composition du cercle des associés (art. 796 al. 2 CO). Leur objet et leur étendue doivent être définis dans les statuts (art. 796 al. 3 CO).

D'autres points d'aménagement typiques sont :

  • droits de préemption ou options d'achat sur les parts sociales

  • prohibitions de faire concurrence applicables aux associés

  • droits de vote privilégiés ou limitations du droit de vote

  • droits de veto pour certaines décisions

  • obligations de soumettre des opérations importantes à l'approbation de l'assemblée des associés

  • règles relatives à la sortie ou à l'exclusion d'un associé

De telles dispositions doivent être formulées de manière réfléchie. Elles peuvent s'avérer cruciales par la suite lorsqu'un associé souhaite vendre ses parts, qu'un conflit surgit ou qu'une succession doit être réglée.

Quelles sont les règles applicables aux parts sociales et à leur transfert ?

La cession de parts sociales requiert en principe l'approbation de l'assemblée des associés. Celle-ci peut refuser son approbation sans indication de motifs (art. 786 al. 1 CO).

Cela correspond au caractère personnel de la Sàrl. Contrairement à une société classique faisant appel au public, l'identité des associés importe souvent beaucoup au sein d'une Sàrl. Les statuts peuvent toutefois déroger à cette règle légale par défaut. Ils peuvent par exemple d'emblée renoncer à l'exigence d'approbation, définir des motifs de refus, prévoir une reprise à la valeur réelle ou exclure la cession (art. 786 al. 2 CO).

Une réglementation réfléchie s'avère particulièrement payante pour les entreprises familiales, les startups ou les coentreprises. Sans statuts clairs, la situation peut devenir difficile lorsqu'un associé souhaite vendre ses parts ou si des tiers non souhaités veulent entrer dans la société.

Que doivent régler les statuts concernant la gestion ?

Si les statuts n'en disposent pas autrement, tous les associés exercent collectivement la gestion de la société (art. 809 al. 1 CO). Cela peut ne pas poser de problème dans le cas d'une Sàrl unipersonnelle. En présence de plusieurs associés, cela peut toutefois rapidement être source d'ambiguïtés.

Les statuts peuvent régler la gestion de manière dérogatoire (art. 809 al. 1 CO). Ils peuvent également prévoir que certaines décisions soient soumises à l'approbation de l'assemblée des associés (art. 811 al. 1 CO). De plus, chaque gérant a en principe le pouvoir de représenter la société, les statuts pouvant toutefois régler la représentation de manière différente. Au moins un gérant doit néanmoins être habilité à représenter la société (art. 814 al. 1 CO, art. 814 al. 2 CO).

Il est donc essentiel d'apporter des réponses claires aux questions suivantes :

  • Qui gère la Sàrl au quotidien ?

  • Qui a le droit de signer des contrats ?

  • Quelles opérations nécessitent l'accord de l'assemblée des associés ?

  • Qu'en est-il en cas d'égalité des voix ?

  • Qui s'occupe des réquisitions d'inscription au registre du commerce et des assemblées des associés ?

Sans une organisation claire, de simples questions opérationnelles peuvent se transformer en conflits majeurs.

Quelles sont les erreurs typiques commises lors de la rédaction des statuts de Sàrl ?

L'erreur la plus fréquente consiste à traiter les statuts de Sàrl comme une simple formalité. Cela conduit souvent à l'adoption de règles standards qui ne correspondent pas à la situation concrète de l'entreprise.

1. Le but est trop flou ou trop restreint

Le but doit permettre d'identifier clairement le domaine d'activité (art. 118 al. 1 ORC). Les clauses de but trop générales sont inadmissibles, tandis que les clauses trop restrictives rendent fastidieuses les adaptations ultérieures. La meilleure formule réside généralement dans une formulation précise mais suffisamment flexible.

2. La raison sociale n'est pas vérifiée correctement

La raison sociale peut en principe être choisie librement, mais elle doit impérativement contenir l'indication de la forme juridique (art. 950 al. 1 CO). De plus, elle doit se distinguer nettement de toutes les raisons sociales de sociétés de personnes ou de capitaux et de coopératives déjà inscrites en Suisse (art. 951 CO). Les inscriptions au registre du commerce doivent être conformes à la vérité et ne doivent pas induire en erreur (art. 929 al. 1 CO).

3. Les règles de transfert sont laissées au hasard

Quiconque souhaite pouvoir transférer ses parts sociales ultérieurement doit structurer sciemment les exigences d'approbation. La loi prévoit une règle par défaut, mais permet des variantes statutaires (art. 786 al. 2 CO). Cette liberté d'aménagement est souvent trop peu exploitée.

4. Les versements supplémentaires sont intégrés de manière irréfléchie

Les obligations de verser des versements supplémentaires peuvent être utiles, mais elles créent des risques financiers additionnels. Elles doivent être prévues par les statuts et être limitées quant à leur montant (art. 795 al. 1 CO, art. 795 al. 2 CO). Quiconque les accepte doit comprendre quand et à quelle hauteur des paiements pourront lui être réclamés.

5. La sortie et les cas de conflit ne sont pas réglés

Pour de justes motifs, un associé peut intenter une action devant le tribunal pour demander l'autorisation de sortir de la société (art. 822 al. 1 CO). Les statuts peuvent en outre accorder un droit de sortie particulier et en fixer les conditions (art. 822 al. 2 CO). Surtout lorsqu'il y a plusieurs associés, il est souvent préférable de régler ces scénarios avant que le conflit n'éclate.

Conclusion sur les statuts de Sàrl

Les statuts de Sàrl ne sont pas de simples papiers destinés à rester au fond d'un tiroir. Ils définissent le cadre juridique de votre société et peuvent s'avérer déterminants par la suite lorsque des associés changent, que des capitaux sont requis ou que des décisions importantes doivent être prises.

Le contenu minimal est prescrit par la loi. Cependant, de bons statuts de Sàrl vont plus loin. Ils traduisent le modèle d'affaires concret, les rôles des différents associés et les scénarios de conflit potentiels en règles claires. Si vous avez besoin d'aide concernant la création d'entreprise, Jurata se tient volontiers à votre disposition à tout moment.

Questions fréquentes sur les statuts de Sàrl

Les statuts d'une Sàrl doivent-ils faire l'objet d'un acte authentique ?

Oui. Lors de la constitution, les statuts sont établis par acte authentique (art. 777 al. 1 CO). De même, toute modification ultérieure des statuts doit faire l'objet d'un acte authentique et être inscrite au registre du commerce (art. 780 CO).

Les associés doivent-ils figurer dans les statuts ?

Non. Les statuts doivent indiquer le montant du capital social ainsi que le nombre et la valeur nominale des parts sociales (art. 776 ch. 3 CO). Les associés sont toutefois inscrits au registre du commerce avec le nombre et la valeur nominale de leurs parts sociales (art. 791 CO).

Peut-on modifier ultérieurement les statuts d'une Sàrl ?

Oui. La modification des statuts fait partie des attributions intransférables de l'assemblée des associés (art. 804 al. 2 ch. 1 CO). La décision de modification doit faire l'objet d'un acte authentique et être inscrite au registre du commerce (art. 780 CO).

Des statuts types suffisent-ils pour une Sàrl ?

Des statuts types peuvent constituer un point de départ pour les cas simples. Ils ne remplacent toutefois pas un examen attentif des aspects importants pour votre Sàrl. En particulier en présence de plusieurs associés, d'investisseurs, d'entreprises familiales ou de successions prévues, le but, le transfert des parts sociales, la gestion, la sortie de la société et les obligations supplémentaires doivent être réglés avec soin.

Les statuts de la Sàrl définissent les bases les plus importantes d'une entreprise. Cet article présente le contenu requis, le rôle que jouent les statuts lors de la création et ce à quoi les fondatrices et fondateurs doivent prêter une attention particulière.

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