Que signifie transférer des parts de Sàrl ?
Transférer des parts de Sàrl consiste juridiquement à transférer des parts sociales d'une société à responsabilité limitée. Ce faisant, la nouvelle personne acquiert non seulement une participation économique, mais devient également, en principe, associée ou associé de la Sàrl.
Les parts sociales indiquent la valeur nominale avec laquelle une personne participe à la Sàrl. Les associés sont inscrits au registre du commerce avec le nombre et la valeur nominale de leurs parts sociales (art. 791 CO). De plus, la Sàrl doit tenir en interne un livre des parts mentionnant notamment les associés, leur adresse, ainsi que le nombre et la valeur nominale des parts sociales (art. 790, al. 1, CO, art. 790, al. 2, CO).
Il est donc important de noter que pour transférer des parts de Sàrl, il ne suffit pas de conclure un contrat. Cela requiert aussi régulièrement une décision interne de la société suivie d'une mise en œuvre administrative.
Quelle forme requiert le transfert de parts de Sàrl ?
La loi exige la forme écrite pour le transfert de parts de Sàrl. Cela s'applique aussi bien à l'obligation de cession qu'à la cession proprement dite des parts sociales (art. 785, al. 1, CO).
En pratique, cela signifie que l'acheteur et le vendeur doivent signer un contrat de cession écrit. Ce contrat doit indiquer clairement quelles parts sociales sont transférées, qui les transfère et qui les acquiert. Un simple accord verbal ne suffit pas.
Selon le droit en vigueur, un acte authentique n'est en principe plus nécessaire. Elle peut toutefois être exceptionnellement requise si les statuts de la Sàrl en question l'exigent toujours ou si une modification des statuts s'avère nécessaire en même temps. Cela peut être le cas, par exemple, si les associés ou la participation concrète sont mentionnés nommément dans les statuts et que ces indications doivent être adaptées.
Le contrat de cession doit en outre mentionner les droits et obligations statutaires, sauf si l'acquéreur est déjà associé (art. 785, al. 2, CO). Ces droits et obligations peuvent concerner, par exemple, des obligations de verser des versements supplémentaires, des obligations de fournir des prestations accessoires, des clauses de non-concurrence, des droits de préemption ou d'option d'achat. C'est précisément ce point qui est souvent oublié dans la pratique. L'absence des mentions requises peut poser des problèmes lors de l'inscription au registre du commerce.
L'approbation de l'assemblée des associés est-elle requise ?
Oui, en principe, la cession de parts sociales requiert l'approbation de l'assemblée des associés. L'assemblée des associés peut même refuser l'approbation sans indication de motifs (art. 786, al. 1, CO).
Ce principe est bien adapté à la Sàrl. Contrairement à une participation purement financière, la personne de l'associée ou de l'associé joue un rôle important dans une Sàrl. Les associés actuels doivent donc pouvoir décider de l'entrée d'un nouveau membre dans la société.
Les statuts peuvent toutefois déroger au principe légal. Ils peuvent notamment renoncer à l'exigence d'approbation, définir des motifs de refus, exclure totalement la cession ou prévoir des motifs de refus spécifiques (art. 786, al. 2, CO). Par conséquent, la première étape pratique consiste toujours à consulter les statuts.
Si l'approbation est requise, le transfert ne produit ses effets juridiques qu'une fois cette approbation accordée (art. 787, al. 1, CO). Le Tribunal fédéral stipule clairement à cet égard que l'approbation de l'assemblée des associés a, dans un tel cas, un effet constitutif, tandis que l'inscription de l'acquéreuse ou de l'acquéreur au registre du commerce n'a qu'un effet déclaratif (ATF 140 III 418 consid. 6.2.2).
En termes simples : l'inscription au registre du commerce documente le changement à l'égard des tiers. Si les statuts exigent l'approbation, le transfert effectif se produit dès l'obtention de cette approbation, et non pas seulement lors de l'inscription au registre du commerce.
Que se passe-t-il si la société ne prend pas de décision ?
Si l'assemblée des associés ne refuse pas l'approbation dans les six mois suivant la réception de la demande, l'approbation est réputée accordée (art. 787, al. 2, CO).
Cette règle protège le cédant et l'acquéreur contre un blocage. La Sàrl ne peut pas simplement laisser traîner le transfert indéfiniment. Elle doit réagir dans le délai imparti si elle souhaite refuser l'approbation.
Pour la pratique, il reste néanmoins important de documenter correctement le processus. Il convient de pouvoir prouver clairement la date à laquelle la demande d'approbation a été reçue par la société et si une décision a été prise. Sans une documentation rigoureuse, des litiges peuvent survenir ultérieurement.
Comment se déroule le transfert étape par étape ?
Le processus commence normalement par l'examen des statuts. On y trouve les informations indiquant si le transfert est librement possible, si une approbation est nécessaire, si des motifs de refus particuliers s'appliquent ou si des exigences de forme supplémentaires existent.
Le contrat de cession est ensuite rédigé. Il doit mentionner les parties, la Sàrl, le nombre et la valeur nominale des parts sociales transférées, le moment du transfert ainsi que les mentions requises concernant les droits et obligations statutaires. Étant donné que le transfert touche non seulement aux droits économiques de l'acheteur et du vendeur, mais peut également affecter leurs obligations en droit des sociétés, le contrat doit être formulé avec précision.
Si une approbation est requise, l'assemblée des associés doit statuer sur la cession. La décision doit faire l'objet d'un procès-verbal. En fonction des statuts et du cas d'espèce, une décision par voie circulaire peut également être possible. L'essentiel est de pouvoir prouver ultérieurement la décision d'approbation auprès de l'office du registre du commerce.
Une fois le transfert valablement effectué, la société doit le déclarer au registre du commerce. L'ordonnance sur le registre du commerce prescrit expressément que la société doit déclarer pour inscription tous les transferts de parts sociales, qu'ils résultent d'un contrat ou de la loi (art. 82, al. 1, ORC).
Un justificatif du transfert et, à moins que les statuts ne renoncent à l'approbation, un justificatif de l'approbation de l'assemblée des associés doivent être soumis à l'office du registre du commerce (art. 82, al. 2, ORC). Le nouvel associé ou la nouvelle associée ne peut être inscrit que s'il est prouvé de manière ininterrompue que la part sociale a été transférée de la personne inscrite jusqu'alors à la nouvelle personne (art. 82, al. 3, ORC).
Enfin, la Sàrl doit mettre à jour son livre des parts. Le livre des parts est tenu en interne et doit être accessible en Suisse en tout temps (art. 790, al. 1, CO). Les justificatifs sur lesquels repose une inscription doivent être conservés pendant dix ans à compter de la radiation de l'associé (art. 790, al. 5, CO).
Quels documents sont généralement requis ?
Pour l'inscription au registre du commerce, le contrat de cession écrit, la décision d'approbation de l'assemblée des associés et la réquisition d'inscription au registre du commerce sont généralement requis. Selon le cas, des procurations, des copies de pièces d'identité, des signatures légalisées ou des extraits de registres étrangers peuvent s'y ajouter.
Les exigences exactes peuvent varier dans le détail selon les offices du registre du commerce. Le fondement juridique reste toutefois le même : la société doit déclarer le transfert et prouver le transfert ininterrompu (art. 82 ORC).
Les acquéreurs étrangers méritent une attention particulière. Pour les personnes physiques, une copie de la pièce d'identité peut être requise. Pour les sociétés étrangères, une preuve de leur existence juridique est régulièrement exigée, souvent accompagnée d'une légalisation ou d'une apostille. Clarifier rapidement quels documents sont exigés permet d'éviter des retards.
Quand le transfert est-il réellement finalisé ?
Sur le plan juridique, il faut distinguer l'entrée en vigueur de l'inscription. Si l'approbation de l'assemblée des associés est requise, la cession ne produit ses effets juridiques qu'avec cette approbation (art. 787, al. 1, CO). L'inscription au registre du commerce est ensuite importante, mais elle a en principe un effet déclaratif (ATF 140 III 418 consid. 6.2.2).
Cela signifie que l'inscription au registre du commerce n'est pas un simple détail. Elle est prescrite par la loi et est centrale pour la publicité vis-à-vis des tiers. Mais elle ne constitue pas systématiquement le moment où la qualité d'associé est matériellement acquise.
Le livre des parts est également important, mais il ne constitue pas la cause même du transfert. Il documente en interne qui détient quelles parts sociales. La base légale de cette documentation interne se trouve à l'art. 790 CO.
Quelles erreurs devez-vous éviter ?
L'erreur la plus fréquente consiste à ne pas vérifier les statuts. Les statuts plus anciens, en particulier, peuvent contenir des règles de forme spécifiques, des exigences d'approbation ou des restrictions. Signer directement un contrat sans connaître ces règles présente le risque de retards ou d'un transfert inefficace.
Une deuxième erreur courante réside dans le contrat de cession. Il ne doit pas seulement décrire la vente, mais doit exprimer clairement la cession des parts sociales spécifiques. Des formulations imprécises peuvent entraîner des problèmes auprès du registre du commerce ou entre les parties.
Une troisième erreur est l'absence ou la mauvaise documentation de l'approbation de l'assemblée des associés. Lorsque l'approbation est requise, elle est essentielle pour la validité du transfert (art. 787, al. 1, CO). La décision doit par conséquent faire l'objet d'un procès-verbal clair.
Enfin, on oublie souvent de mettre à jour le livre des parts après le transfert et de soumettre la réquisition d'inscription complète au registre du commerce. Bien que ces étapes soient administratives, elles sont juridiquement importantes et ne doivent pas être repoussées.
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Questions fréquentes sur le transfert de parts de Sàrl
Puis-je vendre mes parts de Sàrl sans approbation ?
Vous pouvez préparer et signer un contrat. Toutefois, si les statuts ne renoncent pas à l'approbation, la cession ne produit ses effets qu'avec l'approbation de l'assemblée des associés (art. 786, al. 1, CO, art. 787, al. 1, CO).
Le contrat de cession doit-il faire l'objet d'un acte authentique ?
Selon la loi, la forme écrite suffit en principe (art. 785, al. 1, CO). Un acte authentique peut toutefois être nécessaire si les statuts l'exigent ou si une modification des statuts est requise en même temps.
L'assemblée des associés peut-elle simplement refuser son approbation ?
Oui, sauf disposition contraire des statuts, l'assemblée des associés peut refuser son approbation sans indication de motifs (art. 786, al. 1, CO). Les statuts peuvent toutefois contenir des dispositions dérogatoires (art. 786, al. 2, CO).
Le transfert est-il valable uniquement après l'inscription au registre du commerce ?
Pas nécessairement. Si l'approbation de l'assemblée des associés est requise, la cession produit ses effets juridiques dès l'obtention de cette approbation (art. 787, al. 1, CO). L'inscription au registre du commerce reste néanmoins prescrite par la loi (art. 82 ORC). Le Tribunal fédéral confirme pour ce cas que l'inscription au registre du commerce revêt une portée déclarative (ATF 140 III 418 consid. 6.2.2).




